Pendant très longtemps j’avais chez moi un NAS Synology qui me servait un peu à tout. C’était un DS919+ avec 4 HDD de 8To chacun, le tout en Raid SHR pour ne risquer aucune perte de donnée en cas de panne d’un de ces disques durs.

L’avantage de cette gamme de NAS est la possibilité d’y lancer des machines virtuelles. J’avais donc créé plusieurs VM pour mon home-assistant, et tous mes tools dockers que je décrierai un peu plus bas.

Tout fonctionnait relativement bien, jusqu’à ce que j’analyse réellement mon besoin en termes de stockage. En effet, sur les 24To de disponible, j’en utilisais seulement 7To. L’espace occupé était principalement utilisé pour le stockage de ma bibliothèque de films / séries, je me suis rendu compte que j’arrivais à peine à regarder 1 film par semaine. J’en ai donc tiré la conclusion qu’un setup à quasi 1500€ n’était pas forcement très utile pour simplement gérer ma domotique et lancer un film par semaine.

D’autant que sans compter la consommation électrique de l’ensemble, 4 disques durs en 7200tr/min c’est relativement bruyant.

Du coup, j’ai décidé de tout revendre et me prendre un petit NUC (Next Unit of Computing). Celui-ci me permettrait d’avoir strictement la même utilisation, le stockage en moins.

Le besoin réel

L’utilité d’un home-server est relativement subjective, tout va dépendre de ce que dont vous avez « besoin » chez vous. Personnellement mon Synology me servait à:

  • Gérer ma bibliothèque de film / série via Plex (docker)
  • Gérer le téléchargement de ces mêmes films / séries via Sonarr/Radarr/Transmission
  • Une machine virtuelle sous debian pour toute ma domotique via Home Assistant
  • Une machine virtuelle pour bidouiller avec un serveur web et Node.js
  • Stocker mes documents perso / pro en doublon avec mon Google Drive via un simple partage Samba
  • Un système de proxy inversé pour gérer la connexion externe de tous mes services via DSM intégré au NAS.

Tout ce petit monde est donc facilement intégrable sur un NUC, à moindre coût. Lassé de stocker des To et des To de vidéos pour rien, j’ai estimé qu’avec un HDD de 2To (sans redondance) je pourrai facilement stocker quelques films / séries dont j’ai réellement envie et plus faire la course à celui qui en aura le plus.

Le choix du NUC

Mes critères étaient assez simples:

  • Un CPU en x86_64 (pas de raspberry du coup)
  • 4 coeurs
  • deux slots mémoire
  • possibilité de mettre deux systèmes de stockage (SSD pour le système, et un HDD pour le stockage)
  • au moins 3-4 ports USB (dont un USB-C idéalement)

Pas mal de NUC de chez Intel correspondent à ces critères, mais je n’en ai trouvé aucun avec la possibilité de gérer deux systèmes de stockage. Pas à des prix raisonnables en tous les cas.

Après avoir fouiné un peu sur amazon, je me décide sur le GIGABYTE-BLPD-5005. A première vue, tous les critères étaient réunis et je pouvais installer un SSD au format M2 couplé à un HDD SATA 2.5″, pour 200 EUR. Petit bonus, celui-ci dispose d’un port USB-C en façade.

Je prends donc en complément une barrette de RAM DDR4 de 8Go (35 EUR) (on verra pour étendre si besoin est) pour une trentaine d’euros et mes fameux disques de stockage:

  • Un SSD de 500Go au format M2 de chez WD pour la partie système (70 EUR)
  • Un HDD 2To 2.5″ pour la partie stockage/film (70 EUR)

Passer de 32To à 2To est assez radicale me direz-vous, mais face au constat de l’inutilité de stocker des films que j’ai déjà vu et de stocker des films que je ne regarderai sûrement jamais, rationaliser l’espace disque à 2To pour stocker « temporairement » des series / films me paraît un choix assez judicieux.

Au final, j’ai trouvé mon setup « parfait » pour un peu plus de 350 EUR.

Le montage

Le montage de ce type de machine est relativement simple. Il suffit de dévisser les 4 vis présentes en sous-face pour ouvrir le boîtier.

Ensuite, il faut simplement installer ses barretes de RAM, son SSD en m2 et visser le HDD 2.5″ sur le capot supérieur.

5 minutes plus tard, vous aurez un petit boîtier de 120 mm par 120 mm pleinement fonctionnel. Personnellement j’ai ma box au niveau de mon tableau électrique, j’ai donc calé le NUC juste à côté raccordé en Gigabit.

Installation

Concernant l’OS principal, sachant que j’allais installer plusieurs machine virtuelles, il m’a paru judicieux de partir sur ProxMox. Il s’agit d’une distribution linux spécialisée dans la gestion des machines virtuelles justement. Une fois installé vous aurez une interface de gestion accessible depuis le web pour administrer votre serveur. Pour mon utilisation, c’est un peu overskill mais les fonctions de base sont relativement simple à apprehender et au final ça fait très bien le boulot.

Pour l’installation en elle même, il suffit de créer une image disque bootable avec l’isotropie téléchargeable ici à l’aide de BalenaEtcher. Ensuite, l’installation se fait assez simplement et les paramètres par défaut proposés suffiront amplement.

Une fois terminé, vous aurez accès à la web interface d’administration via un lien du type:

http://<IP-du-NUC>:8006

L’interface ressemble à ceci:

Sur la droite, il est listé l’ensemble de nos machines virtuelles. Pour l’instant, j’en ai qu’une: home-assistant.

La création d’une machine virtuelle est assez simple, à l’instar de l’interface Synology pour cette fonction, il suffit de définir l’espace disque, la RAM allouée et de choisir un fichier .iso. C’est simple et rapide.

Je vous détaillerai l’installation de home-assistant dans un autre article, depuis qu’ils ont abandonné la possibilité d’installation sur un Debian il y’a une petite subtilité pour réaliser une installation directement depuis l’image disque fournie par HomeAssistant.

Docker et compagnie

Idéalement il est conseillé de créer une deuxième VM pour installer docker. Personnellement je l’ai installé directement sur la machine « source » sous ProxMox. Pour ça, il suffit de vous connecter en SSH à votre NUC et faire une installation « classique », comme sur n’importe quelle machine UNIX.

Je vous détaillera tout ce que j’utilise sous docker dans un prochain article.

Conclusion

Vous l’aurez compris, avec ce changement la seule chose que j’ai perdu c’est de l’espace de stockage. Je dirai même que j’ai gagné en souplesse et en possibilité d’upgrade grâce à ce NUC en comparaison à mon ancien NAS Synology. Seul bémol, le RAID SHR de Synology me permettait d’avoir une redondance de donnée en cas de panne d’un HDD. Mais bon, est-ce vraiment la fin du monde de perdre des To de films ? Sachant que l’ensemble de mes documents « importants » sont sauvegardés sur le Cloud (Google Drive), et sur mon NUC.

Evidemment, une personne qui adore collectionner des To et des To de films pour les partager à toute sa famille via un serveur Plex par exemple, risque d’être un peu short avec un seul HDD en 2.5″. Mais pour une utilisation « lambda », je suis très satisfait de mon setup.

Merci à Guiom de m’avoir guidé dans ma config ❤️
Photo de présentation par Alexandre Debiève sur Unsplash

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